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Je vous invite à continuer la visite sur le Japon.

La cinquième partie sera consacrée sur les bonsaï.

 

 

Paires de statues de nio en bois

gardiens de temple, époque showa, bois sculpté polychrome.

 

Photo 1358

 

Les nio sont les gardiens musculaires du Bouddha, s'élevant à l'entrée de beaucoup de temples bouddhistes au Japon. Prenant l'apparence de guerriers, ils ont une physionomie effrayante afin de repousser les esprits du mal.

Selon la tradition japonaise, ils auraient voyagé avec le Bouddha historique pour le protéger.

 

 

 

Du samouraï au kamikaze

 

Photo 1333

 

 Ils seront trois mille neuf cent douze jeunes pilotes à avoir accompli le sacrifice suprême. Ils constitueront un mythe nouveau, récupéré par les ultranationalistes.

 

Avant même l'entrée en guerre du Japon dans le second conflit mondial et pour mobiliser la nation, le personnage du samouraï fut ressorti des oubliettes de l'histoire et présenté par la propagande officielle comme l'incarnation même de l'âme du Japon. Le personnage du samouraï, son code d'honneur, servirent de modèle aux pilotes qui, dans les derniers mois de la guerre, se désignaient afin d'accomplir le sacrifice suprême, les kamikaze.

A partir de novembre 1944, les premiers volontaires sont enrôlés dans les différentes unités pour former les shimpu tokubetsu kogekitai (escadron spéciaux d'attaque vent divin), ou tokkotai en abrégé. Ce vent divin fait référence au typhon qui balaya à plusieurs reprises les flottes de l'envahisseur mongol dans la baie de Hakata. Quant au nom des bombes volantes okha, fleur de cerisier, il s'agit d'une référence poétique à l'univers du bushido dans lequel la vie du samouraï est comparée à cette fleur qui tombe avant d'être fanée.

Des formations de jeunes pilotes vont se lancer à l'attaque des navires américains en utilisant leurs appareils comme bombes volantes. Avant d'embarquer sur leurs machines pour le vol ultime, une cérémonie est célébrée sur la piste. Les pilotes, le front ceint du drapeau impérial, calligraphié d'un poème, le sabre katana au côté, vont, conformément au rituel du seppuku des samouraïs, réciter le poème sur la mort que chacun d'eux aura composé, avant de boire une dernière coupe de saké. Ils portent leurs décorations et sur leurs épaules, le senninbari, l'écharpe aux mille points brodés par mille japonaises ayant cousu chacune un point, et emportant avec eux les prières que leur famille adresse aux dieux en leur faveur.

Au moment du sacrifice suprême, ils s'écrieront banzaï, c'est-à-dire mille vies (sous entendu, à l'empereur).

Victimes consentantes d'une récupération de l'histoire au bénéfice d'une idéologie guerrière qui mènera le Japon au seuil de l'anéantissement, les kamikaze n'étaient cependant pas les fanatiques stupides que l'occident a cru facile de dépeindre. Ces jeunes officiers, formés à la manière occidentale et recrutés dans les meilleures universités maîtrisaient le plus souvent le latin et au moins deux langues étrangères vivantes. Ils devaient pouvoir citer les auteurs classiques, de Platon à Jean-Jacques Rousseau. Bercés du romantisme de leur jeunesse, ils considéraient que le Japon comme l'Occident étaient corrompus par le matérialisme. En quête d'un nouveau Japon qui devait renaître des cendres de sa destruction, ils accueillaient la mort comme le passage obligé de sa renaissance. Ils se percevaient eux-mêmes comme des patriotes idéalistes, avides de pureté, comme en témoignent les lettres envoyées à leurs proches et qui prouvent qu'ils accomplissaient leur mission en toute conscience.

 

 

 

 

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